Octobre 2009

Bénédictions à tous,

« La traversée du mur de la souffrance »

Dans ce chemin intérieur, si notre pratique est quotidienne (surtout dans nos moments de détresse intérieure), nous découvrons une transformation intérieure qui doit nous surprendre car elle est en dehors de toute volonté. Elle se décompose en cinq étapes :

– Nous sommes d’abord dans des désirs automatiques dont l’origine nous est inconnue. Nous croyons être notre personnalité avec ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas.

– Ensuite, nous acceptons de remettre nos automatismes en question et nous découvrons toutes nos attentes subtiles cachées derrière ces mécanismes. La première étape est de voir, reconnaître ces attentes sans les nier et en leur donnant le maximum de satisfaction, tout en respectant nos limites et celles des autres. Chercher à éviter cette étape consiste à s’égarer à coup sûr sur une voie sans issue que notre orgueil qualifie à tord de spirituel.

– Puis, petit à petit, nous passons de l’attente au recevoir. En lâchant progressivement nos désirs infantiles, nous apprenons à recevoir. Nous apprenons à jouir de ce que nous recevons. Que cela soit une tartine de pain, des lèvres déposées sur notre joue, le parfum d’une fleur, une odeur de peau, la douceur d’un tissus et bien d’autres choses encore que nous recevons à chaque instant au lieu de se polariser sur nos épreuves, nos souffrances, nos manques et nos comparaisons.

– Par la suite, sans brûler les étapes, nous découvrons que donner ce qui est dans nos limites, dans nos possibilités, nous apporte une jouissance encore plus grande. Ce donner n’est pas forcément grandiose et il doit être libre de tout besoin de reconnaissance, d’admiration ou de besoin de recevoir en retour. C’est le plus grand des égoïsme ce donner, il n’y a aucun devoir subit, aucun sacrifice, seulement un plaisir et même un bonheur personnel. Bien sûr, il faut avant tout voir clair dans ses propres besoins et dans les besoins de ceux qui nous entourent. Et il ne faut pas confondre les demandes de l’autre avec ses vrais besoins. Un chemin de connaissance psychologique est spirituel à un niveau élevé est nécessaire avant cette étape. C’est à ce niveau que l’âme peut être enfin comblée et que l’on peut dire cette phrase d’être éveillé : « J’ai reçu ce que j’avais à recevoir, j’ai fait ce que j’avais à faire et j’ai donné ce que j’avais à donner ».

Avec toute ma tendresse, André.