Aout 2010

La discipline

La discipline qui tue

et la discipline qui guérit

« Tant que vous ne sentirez pas que vous devez faire vous-même un effort sérieux, que sans effort vous ne pouvez pas vous en sortir ni arriver quelque part, rien n’est vraiment possible. »

« L’énergie doit toujours être canalisée pour accomplir une œuvre. Non canalisée, elle est perdue. C’est la discipline qui canalise l’énergie. »

« Toute action qui ne procure pas de la joie ou un sentiment de bien-être est dangereuse. »

Ces citations sont de Swami Prajnanpad.

Dans toutes les religions la discipline non comprise a fait des dégâts considérables ; et c’est par la discipline, qu’au nom de Dieu, les peuples s’entretuent depuis des siècles, alors de quelle discipline s’agit-t-il ?

Tant que vous n’avez pas compris que vos choix de vie sont basés sur la culpabilité et la honte et que vous agissez en attendant un résultat, une récompense infantile de vos efforts, vous ne pouvez comprendre le sens de la discipline spirituelle. Car, comme son nom l’indique, il s’agit d’une discipline de l’esprit. Certes, dans toutes les spiritualités, elle s’accompagne d’une discipline corporelle, mais celle-ci doit être au service de la discipline de l’esprit. Un autre piège est celui de confondre l’esprit, la conscience divine, avec le mental, la réflexion, la logique, la morale, les repères de notre société, de notre famille ou issus de notre histoire personnelle. L’esprit est subtil, tranquille et entouré de paix et de certitude.

La discipline juste est donc une discipline de vigilance dans l’instant, de voir et sentir ce qui se passe ici et maintenant en acceptant que notre conscience d’aujourd’hui est toujours différente et plus subtile que notre conscience d’hier. Bien sûr, nous pouvons et nous devons nous aider de rituels, de prières, de symboles, des messages de nos guides humains et spirituels, mais nous devons être libres de toute influence que nous n’avons pas vérifiée par nos propres expériences.

Cette discipline doit être complètement acceptée et heureuse. Il est tout à fait normal de se sentir indiscipliné, capricieux, paresseux, rongé par le doute, brûlé de l’intérieur par les émotions, détruit par nos résistances. Sans cela, c’est que nous sommes encore coupés, que nous fuyons dans des échappatoires que nous devons observer, accepter et aimer car ils correspondent à nos limites actuelles.

Personnellement, en dehors de ma vigilance extrême de l’instant, de l’observation attentive de ce qui se passe en moi, dans mon esprit, dans mon corps et dans mon cœur dans chacune de mes relations quotidiennes avec ceux qui m’entourent, je m’appuie essentiellement sur les messages de base que j’enseigne et qui vienne de mes propres expériences après les avoir reçues de mes maîtres et vérifiées personnellement. Chaque jour je lie attentivement une des 24 cartes des essentiels (1), je lie avec attention et lenteur un des messages de Swami Prajnanpad, je laisse mes yeux se poser sur les maximes fortes et essentielles qui sont affichées sur le mur de ma chambre (2), je relie fréquemment les « messages essentiels » (3), la « prière globale » (4), « Quitter le monde des illusions » (5), le méditation « Tout est Dieu » (6), je goutte la nature par tous mes sens et je prie avec mon corps au moins une fois par jour. Je demande à Dieu, par l’intermédiaire de mon corps, les réponses à mes doutes ou à mes choix quotidiens. Je ressens et utilise les couleurs sur mon corps ou sur mon environnement pour progresser dans la justesse de ma vie.

Cette discipline ne s’est pas faite en un jour, la copier serait un non sens mais s’en inspirer pour sentir ce qu’est une pratique spirituelle et ainsi vous permettre de construire la votre après avoir ressenti l’impossibilité de ce chemin sans une discipline personnelle libre et heureuse (bien que tout effort soit douleur).

Il ne s’agit pas non plus de s’enfermer dans une discipline qui devient routinière et confortable, ce serait quitter une prison pour rentrer dans une autre prison. Le maître Zen Deshimaru qui imposait à ses disciples une rigueur et une discipline exemplaire les emmenaient parfois dans un bordel ou dans une beuverie débridée afin de casser toute rigidité mentale.

(1) (2) (3) (4) (5) (6) : voir dans « La pratique et documents divers »