Novembre 2010

L’enracinement

Le contact avec la terre

Je vérifie mon contact avec le sol, la terre, à chaque seconde de ma journée.

Chacun de mes expire s’évacue dans mes jambes, vers la terre.

L’enracinement, de quoi s’agit-il ?

C’est l’acceptation dans son corps, dans son cœur et dans son esprit, de notre vie, de notre destin, de nos choix, de nos erreurs, de ceux qui nous entourent. C’est le oui à notre karma jusqu’au fin fond de chaque cellule de notre corps.

Sur le plan spirituel, c’est ce oui de chaque seconde à toutes les manifestations physiques et émotionnelles, à nos épreuves, à nos rencontres, et aussi aux miracles de notre vie, à l’observation de ce que nous appelons « le hasard ».

Sur le plan intuitif, c’est la confiance en nos intuitions, à nos ressentis. C’est la liberté et la distance avec tout ce que nous avons appris, avec nos croyances, nos concepts, notre morale, notre religion, notre éducation, notre culture.

Sur le plan relationnel, c’est profiter de chaque rencontre, de chaque difficulté avec l’autre, pour apprendre, pour grandir, pour prendre sa place, pour protéger son territoire et en même temps offrir tout ce que nous pouvons offrir à l’autre sans se forcer et sans forcer l’autre.

Sur le plan de l’amour, c’est ouvrir son cœur sans prendre en charge personne (sauf ses enfants mineurs bien-sûr). C’est quitter le sacrifice, la soumission ou le pouvoir pour donner avec tendresse selon nos limites réelles et non pas fantasmées.

Sur le plan de la confiance en soi, c’est l’affirmation de notre différence, c’est oser sa vie, oser la transformer, oser les expériences, à condition d’être lucide et d’observer notre soi négatif pour le discipliner, sans le nier et sans le refouler.

Sur le plan du désir, c’est oser tous ses désirs possibles en vérifiant si cela est nuisible pour les autres. Cela ne veut pas dire éviter les souffrances aux autres, car c’est impossible. C’est aussi vérifier que chaque désir, issu de la réaction à notre histoire, ne peut être satisfait.

Sur le plan physique, c’est sentir que tout notre corps vit, qu’une circulation de chaleur, d’amour nous envahit jusqu’à la terre. C’est sentir une couche de protection inaltérable autour de notre corps dans nos relations avec autrui. C’est se sentir appartenir à cette terre. Avoir envie de vivre là où l’on est. C’est goûter avec jouissance notre environnement physique en changeant ce qui doit et ce qui peut être changé. C’est se sentir issu d’une culture, l’avoir comprise, s’être ouvert aux autres cultures afin d’être libre de toute culture et de toute influence.

Bien entendu, cet enracinement, il se « travaille ». Cela ne veut pas dire que votre pratique dans ce sens va vous fabriquer un enracinement en désaccord avec votre inconscient, mais il va provoquer un désir fort qui va rentrer en conflit avec votre désir subtil de ne pas vous incarner, de ne pas vous enraciner avec jouissance dans votre propre vie, forcément différente de celle des autres et forcément différente de vos désirs.

Toutes les aides, comme la prière, le massage des pieds (par vous-même), le contact conscient, chaleureux et sensuel de vos mains sur tout votre corps et en particulier sur le bas de votre ventre, vos jambes, vos pieds ainsi que le contact avec la nature sont comme des ordres contraires que vous donnez à vos corps subtils. Cela ne fait pas la transformation « par miracle » mais vous donne la feuille de route vers la réunification de votre cœur, de votre corps et de votre esprit pour l’accomplissement de votre destin conforme à votre âme.

Mon enseignement s’adresse particulièrement aux psychotiques. Les psychotiques représentent environ 50 % des français. Ceux qui sont dans les asiles sont moins fous que les autres puisqu’ils ne nient pas leur folie, ils ne la refoulent pas, ils ne la contrôlent pas. Malheureusement, la plupart des psychotiques croient encore qu’une institution, une communauté, une religion, un parti politique, une entreprise, un métier, une famille, un animal ou toute autre personne avec qui ils se « collent », en rejetant tous ceux qui les dérangent, va leur donner cette fausse sécurité qui n’existe qu’en soi, en contact avec la terre et donc avec la réalité.