Juin 2011

L’ouverture du cœur

Subtilement, physiquement l’ouverture du cœur c’est un voile de protection parfois très épais qui se déchire (dans l’aura). C’est un lâcher prise colossal qui nécessite de longues années de préparation, à moins d’un miracle ! Mais, dans ce cas, il y a préparation dans l’inconscient depuis longtemps.

Depuis cette ouverture pour moi, je ne suis que fragilité, rien ne me rassure, toutes les théories éducatives me paraissent ridicules, elles sont toutes à remettre en cause. Chaque instant est une nouvelle découverte, une nouvelle émotion, une douleur, un accouchement. Rien n’est connu, tout est inconnu, à recommencer, à innover. Et malgré cela, tout devient heureux, l’ego s’efface, le savoir se met à genoux. La différence de l’autre, de l’instant, de la situation présente, me remet dans le doute, dans le questionnement ; et pourtant, toutes les expériences passées apportent une connaissance nécessaire à la situation présente. C’est même la synthèse subtile de toutes mes expériences qui sont nécessaires au décodage de l’instant, mais aucune solution du passé ne peut m’être utile. La peur et le doute se côtoient joyeusement. La vie m’apprend chaque jour et me demande un niveau de conscience supérieur, une responsabilité accrue, une humilité grandissante, la distance de l’aigle qui observe de loin, la bienveillance et la tendresse qui baignent la situation et tous les êtres présents. La fermeté des décisions, des brefs commentaires, n’est qu’apparente. Le cœur pleure, saigne, donne, bénie, jouit ; et tout cela en même temps. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec « être gentil ».

L’ouverture du cœur, c’est aussi tout ce qui précède dans la relation avec soi-même. C’est vivre chaque moment intérieur dans sa solitude, dans la relation avec ses émotions, ses peurs, ses doutes, dans la même compassion, dans le même amour, dans la même intransigeance, dans la même exigence, dans la même tolérance, dans la même tendresse. Et tout cela en conscience et non pas dans des raisonnements intellectuels. C’est rester chaleureux avec soi et avec les autres. Et quand tout cela n’est pas possible, le temps est nécessaire. Un isolement de quelques instants, de plusieurs jours ou de plusieurs mois peut m’être utile.

Témoignage :

Bonjour,
Des questions, des questions il n’y a que ça dans ma tête à la lecture de ce mail!
C’est quoi jouir? Est-ce que ça m’est déjà arrivé? Quelle différence entre le contrôle et l’expérience consciente délibérée? Je ne peux jouir que de ce qui m’appartient, alors l’autre ne peut rien pour moi? Et le sexe quelle place, quel lien à la jouissance?
Il me revient ta phrase « jouir dans la souffrance » et là je pense que toutes ces questions ne sont que de la panique, de l’agitation, de la diversion. Mais pourquoi, qu’est ce que je ne veux pas voir?
Je te remercie sincèrement d’être.

Bonsoir,
Avec toutes les personnes qui ont bien voulu de mon aide, je me suis rendu compte combien il est difficile d’entendre un enseignement spirituel sans le traduire immédiatement par du connu au lieu de s’ouvrir à un monde au-delà du monde ordinaire, même si ce monde dont je parle est bien simple et bien ordinaire.  Je trouve que tu te poses les bonnes questions. L’important c’est de laisser le doute s’installer et d’accepter l’horreur de s’être trompé toute sa vie. Personnellement, c’est à cinquante ans que j’ai osé entendre ce message nouveau et toutes mes journées sont consacrées à l’apprentissage de la jouissance dans ma vie quotidienne qui n’a pourtant rien de confortable. Et j’apprends chaque jour à ne pas attendre la jouissance des autres même si la vie est toujours avec les autres. C’est à dire que je ne contrôle plus aucune relation, je m’ouvre à ce que la vie me donne à chaque instant et je découvre la jouissance de l’inconnu même si cet inconnu est douleur, épreuves, dépression, vide, solitude, incompréhension.

Le contrôle est une réaction à la suite de tes émotions lors de ta naissance, c’est cette ancienne épreuve que tu dois ressentir à nouveau en apprenant à en jouir et en te libérant de ce que ta mère a ressenti de négatif à ce moment-là. C’est en acceptant la réalité de ta mère, en l’aimant sans la juger, mais sans être d’accord avec elle, que tu peux t’en libérer. Personne ne peut nous faire jouir, c’est à nous seulement d’apprendre à jouir. Bien sûr que le sexe est la porte ouverte vers l’apprentissage de la jouissance, à condition d’être libre de tout désir, de toute attente, d’accepter avec jouissance et amour les limites de nos partenaires et nos propres limites. Pour cela il faut être libre de la pensée, c’est à dire être dans l’instant présent, ni dans le passé, ni dans le futur.

Je pense que ce que tu ne veux pas voir c’est de t’être trompée sur l’essentiel de la vie jusqu’à aujourd’hui mais le fait de le formuler c’est sûrement que le lâcher prise arrive.

Il faut simplement progresser à son rythme dans une évolution du corps et de l’esprit et jouir de tous les petits progrès, c’est cela le bonheur et rien d’autre. C’est cela le septième ciel, comme le septième jour dont parle la bible. C’est une toute autre façon de prendre la vie en ne prenant rien justement à l’intérieur de soi.

Bien tendrement,
André.