Janvier 2012

Mail mensuel n°37 – Janvier 2012

Du contrôle de soi à la maîtrise de soi

C’est une étape compliquée qui peut faire très peur car par elle passe par un lâcher prise émotionnel et délirant qui peut déboussoler notre entourage.

Le contrôle de soi est dirigé par la peur, la peur de perdre quelqu’un ou quelque chose, le plus souvent de l’amour, de la reconnaissance ou une attention particulière à notre égard.

Le contrôle de soi est égoïste, il ne voit que notre intérêt personnel, il est inconscient et ne s’occupe pas des conséquences de nos actes, de nos paroles ou de nos sentiments.

La maîtrise de soi est dirigée par l’amour, nous cherchons à donner le meilleur de nous-mêmes, nous sommes conscients.

Avec la maîtrise de soi, je deviens le maître de ma vie n’ayant pour objectif que de retrouver le juste chemin de mon âme, guidée par l’âme universelle.

Dans la maîtrise de soi, nous nous connaissons bien, nous connaissons nos faiblesses, nos réactions habituelles, nous savons ce qui fait du bien (dans le sens d’aider l’autre à être lui-même) et nous savons ce qui fait du mal (dans le sens de détruire l’autre dans ses potentialités et ses étapes psychologiques indispensables).

Dans la maîtrise de soi, je ne pense plus qu’à l’autre. Etre juste dans mon comportement suffit à me rendre heureux.

Le plus dur est peut-être d’accepter l’étape intermédiaire qui va blesser notre entourage. C’est là qu’il faut avoir la foi et comprendre que c’est le creux de la vague nécessaire pour remonter de l’autre côté de la rive. Et notre entourage doit nous aimer assez pour accepter tous nos délires, sans jugement mais aussi sans complaisance. C’est un art des deux côtés, pour nous et pour notre entourage.

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Témoignages :

Bonjour André,
Je te souhaite une bonne année 2012, qu’elle s’offre à toi comme une nouvelle étape vers la Paix, la Joie, la Sérénité.

J’en profite pour te dire ma présence en pensées, en Amour aussi. Je me sens plein de gratitude pour toi, autant que je me sens plus libre dans la relation. Je découvre le monde un peu plus vaste chaque jour… et du coup mon égo toujours un peu plus étriqué… néanmoins, je lui laisse toute sa place: je suis le chemin de mes désirs, en essayant de rester conscient. Je tâche (« bon an mal an »!) de structurer mon quotidien, je crois que je ressens plus fortement le besoin de respecter mon rythme naturel, m’accorder une certaine douceur. Je reste d’ailleurs impressionné de voir à quel point les forces en moi, qui refusent cette douceur, sont fortes, « l’inertie » est un mot riche de sens: les gros paquebots ça met du temps à virer de bord, et ça continue à aller plus ou moins dans le même sens un bon moment après que le gouvernail ait été tourné!!!

Je t’embrasse, et une nouvelle fois: bonne année!

Bonjour,
Que de justesse et de beauté dans ton mail !

Tendresse et douceur,
André.

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Bonsoir André,

Est-ce que je peux dire que jouir dans la souffrance c’est être dans la clarté de ce qui nous fait mal mais en même temps du cadeau que Dieu, la vie est entrain de nous donner pour grandir?

Merci pour ce témoignage sur ta vie. Merci

Oui, c’est ça au niveau mental. Dans le corps, c’est la même jouissance qu’en faisant l’amour.

Tendresse,
André.

Si je pouvais t’envoyer des merci aussi gros que je les pense je le ferais…

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Bonjour André,

Merci pour ce très beau cadeau : voir ton humilité me permet d’accepter là ou j’en suis.

Je t’embrasse

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Bonjour André

J’ai réalisé en lisant ta réponse à mon mail que j’avais à formuler plus précisément ma prière pour 2012 et bien sûr pour tout les jours de ma vie.
Je te la confie ainsi qu’à tout l’univers et à toutes les parties de mon être: «Mon DIEU, accordes moi de cheminer avec mes prises de conscience, jusqu’a l’expression totale dans mon corps, de ce qu’elles peuvent me révéler et les remettre à ta lumière » Amen.
Merci d’être là pour me permettre d’oser la relation.
Je t’embrasse

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Bonjour André,
J’ai lu ce mail mensuel de Décembre hier soir et je me suis sentie touchée, ébranlée.
Parce que tu as mis en mots ce que j’ai ressenti profondément lors de ta visite avec Marie-Claude, ce que j’ai voulu t’exprimer au téléphone que je n’ai pas pu, pas su faire et je vois à quel point ton Être, l’Homme que tu es, nourrit en moi cette envie de continuer:

« Ma pratique est sincère, profonde, régulière, courageuse, permanente dans mon esprit »
 » J’existe, je me positionne, je ne mentalise plus la situation, je l’analyse objectivement, j’en perçois tous les aspects, je suis attentif à l’extérieur et à l’intérieur de mon corps, je privilégie ma respiration à toute idée mentale, à tout commentaire, à toute réaction. Je donne de la place à toutes mes émotions, mes colères ne sont plus que « mes » colères, les autres n’en sont plus responsables »

Et que l’important n’est pas que tu sois un homme adulte mais un homme en Chemin, là où tu en es, plus loin sur le Chemin.
Et je ressens ainsi et acceptes, là où j’en suis.
Les témoignages et tes réponses m’aident un peu plus à cela.
J’y sens mes résistances et mes acceptations. Et parfois cette jouissance dans ma souffrance.

Merci pour ces vœux de nouvelle année, André.
Ils viennent nourrir un peu plus le désir d’une pratique sincère, profonde, régulière, courageuse, permanente dans mon esprit et de réveiller les désirs enfouis dans le sarcophage malgré les peurs que cela soulève.

La voilà ma prière de début d’année :

Merci à l’homme que TU ES.
Humblement et avec tout le respect que m’inspire ton Chemin.
Toute ma tendresse.
La femme que je suis.
ET Merci à la femme qu’est Marie-Claude qui me montre d’autres aspects de moi-même également.

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Bonjour,
La réponse globale est « La distance variable ».

Fuir et chercher à se protéger, ce n’est pas la même chose.  Arnaud prenait souvent l’image du grillage qui arrête le négatif sans couper la relation, aussi subtile et énergétique soit-elle. Grandir s’apprend par l’expérience, la connaissance sert seulement à éclairer l’expérience.

Quand tu dis : « je ressens un épuisement à la limite du malaise »; pour moi, André, c’est malaise, angoisse, tensions, douleurs physiques et j’en passe. C’est justement là-dedans qu’il faut apprendre à jouir. La vie devient jouissance, la moindre petite expérience comme manger une tartine le matin devient délicieuse. Le délice vient d’une présence absolue à son corps et à l’instant présent. Qu’est-ce qui fait peur dans le « malaise », c’est la peur de mourir si on se laisse aller dans ce malaise. Si nous acceptons de mourir aujourd’hui, le malaise ne nous pose plus de problème.

Bien entendu il ne faut pas être naïf ni idiot, tout ceci doit servir pour corriger nos modes de fonctionnement, c’est cela une expérience guidée par « Dieu ». Comme ne pas rester au milieu de deux personnes qui nous « phagocytent » notre énergie. Appelez quelqu’un un ami est déjà dangereux car on supprime notre vigilance dans la relation. Le but, c’est d’être ami avec tous, mais vigilant avec tous. La vigilance est particulièrement importante avec les personnes âgées qui ont appris à être très malines pour phagocyter leur entourage. Cela n’empêche pas l’amour bien au contraire.

Une formule synthétique inspirée par Swami Prajnanpad peut peut-être aussi t’aider: « Tout prendre mais ne rien garder » (à l’intérieur de ton corps).

Tendresse, encouragement et merci, André.

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Je suis triste

Bravo, c’est le début de l’acceptation… André.

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Bonjour André,

Me voilà assise sur une grosse pierre au bord du chemin, sac à dos posé à mes pieds. Je fais une pause. J’ai plaqué en très grosses lettres sur le sac : »JOUIR DANS LA SOUFFRANCE. » Je mâche et remâche ces mots ;  je crois et suis même sure de ne pas les avoir compris. Alors mon vrai chemin n’est pas encore commencé. Je reprends votre lettre : «Le chemin n’est pas simple .Etre un homme, c’est possible, mais ce n’est pas de la tarte.»

Ou je baisse les bras et j’arrête, je n’y arriverai jamais. Ou, pas après pas, jour après jour, je lève le pied, aussi lourd soit-il, et je continue. J’ai opté pour le 2nd choix. Mon sac est rempli d’une nourriture saine qui m’alimente au mieux : les 24 vignettes de la pratique, les mails mensuels avec leurs témoignages qui me réconfortent, je ne suis pas seule, prière, méditation….Tout y est. Je repars et d’un coup, je prends un chemin de traverse : un désir impulsif, une envie, la peur, le besoin de reconnaissance, d’amour…me saisissent. Je trébuche, je souffre ….et je repars à nouveau.

« Jouir dans la souffrance. » Tu parles…Jouir, oui, souffrir, oui, mais l’association des deux, ça coince.

Soyons honnête. J’ai avancé un peu quand même .Je me retourne et regarde le chemin parcouru : à mes yeux, c’est court mais c’est acquis. J’y ai mis de la patience, de la distance avec l’autre, de l’amour, de l’acceptation. Comment est-ce possible, moi qui avais si peu confiance en moi ? Je lis, relis les pages de votre livre auxquelles je suis le plus sensible ; il y a toujours un éclairage nouveau. Je médite, prie …et je suis là où j’en suis et non là où je voudrais être.

Oui, dans le mental, tout se met en place facilement .Mais dans le corps, l’énergie ne circule pas de même. A quoi est dû ce manque de fluidité, de respiration, cette dualité permanente que je vis ? Pouvez-vous me le dire ou le redire ?

Du plus profond de mon cœur.

Bonjour,
Que d’ouverture dans ce mail ! Je ressens une progression fulgurante depuis que vous êtes sortie du néant. Bien sûr le chemin est très long et même sans fin. L’autre jour à la télévision une femme d’une grande ouverture spirituelle racontait ce qui lui était dicté par l’au-delà, « on » lui disait que le chemin ne s’arrête jamais, y compris après la mort. Ce qui disparaît, c’est la fatigue, les émotions et la souffrance physique. Cela prouve bien que, sur terre, dans notre incarnation, il est normal d’être fatigué, d’avoir des émotions et de souffrir physiquement. Les psychotiques ont la folie de chercher exactement le contraire. Alors que l’acceptation dans l’amour amène automatiquement le bonheur de vivre, c’est à dire tout simplement d’être en accord avec ce que l’on vit, ce qui est nécessaire à notre karma, à notre destin, à notre chemin personnel. Arrêtons de fuir et osons nous retourner pour voir ce que nous avons vécu, ce que nous vivons et ce que nous devons transformer dans le présent pour changer notre futur.

Il y a deux règles fondamentales : la différence et le changement. Si nous osons arrêter de nous identifier à une autre personne, à notre personnalité ou à un idéal, nous commençons à entrevoir notre différence. Si nous osons arrêter de croire que nous avons atteint un but et que nous acceptons les bouleversements intérieurs et extérieurs de notre vie, alors nous commençons d’apercevoir ce qu’est le changement. Et la clé fondamentale de notre liberté « conditionnelle » est JOUIR DANS LA SOUFFRANCE.

Bravo pour votre pratique que je sens sincère et juste. N’oubliez pas le repos et les douceurs que l’on doit se donner. Un tableau qui se trouve, je crois, dans un temple en Indes, représente un Dieu qui laisse tremper sa longue chevelure dans le Gange (fleuve sacré et purificateur) pour en ralentir le débit. Cette image montre combien il faut du temps pour se transformer et que vouloir aller trop vite (comme je l’ai fait moi-même) amène le chaos et limite la progression.

Ce que je suis le plus fier, je crois, c’est d’avoir su oser montrer ma vulnérabilité, mes faiblesses et mes erreurs. Deux témoignages m’ont bien aidé dans cette voie, celui du fils d’Arnaud Desjardins et celui de sa deuxième femme Véronique :

Un jour son fils a dit à l’assemblée, dont je faisais partie, qu’il ne fallait pas confondre le maître et l’homme Arnaud Desjardins dans sa vie ordinaire, qui reste un homme ordinaire. Une autre fois, sa femme Véronique a témoigné de ce qu’était Arnaud Desjardins dans sa vie ordinaire. Elle a raconté comment après l’avoir laissée presque mourante, suite à une maladie grave, pour aller s’occuper de sa fille aînée qui traversait une période difficile dans sa vie, il est revenu et, sans lui demander comment elle allait, lui a reproché de mal parler à sa fille. Elle a alors ajouté dans son témoignage que sa maladie à elle faisait suite à une grave embolie pulmonaire de son mari, Arnaud, donc la peur de le perdre pour toujours. Cette femme est pourtant merveilleuse, pleine de spiritualité, d’amour et de douceur. J’ai fait une journée à côté d’elle lors d’un stage avec Jacques Castermane et sa douceur sereine m’a pénétré dans tout mon corps. Voilà des exemples qui amènent à l’humilité, ce ciment nécessaire à toute progression.

Pour finir sur votre question à la fin de votre mail, j’ai souvent répondu à ce sujet : « Regardez-vous dans une glace, observez la taille de votre tête et celle du reste de votre corps, vous comprendrez aisément qu’il faut beaucoup plus de temps à votre corps pour intégrer les changements. »

Tendrement,
André.

Cher André,

Merci pour cette réponse aussi rapide. Je la reçois comme un grand cadeau que je vais « déguster » longtemps. Je tiens mon bâton fermement !

Je vous embrasse.