Février 2012

Mail mensuel n°38 – Février 2012

La Neutralité

Dans l’esprit :

Je prends de la distance avec tous les jugements de valeur, les miens et ceux des autres. J’abandonne tous mes concepts moraux ou psychologiques. Tout est changement et rien ne peut être fixe et définitif. J’observe mes fabrications mentales, y compris mes délires de type psychiatriques, comme de simples jeux pervers de l’esprit cherchant à m’isoler de mes souffrances.

Dans l’émotion :

Je ne suis pas l’émotion, je suis avec mon émotion, c’est juste un phénomène qui se passe dans mon corps, qu’elle soit positive ou négative, hystérique ou dépressive. Je l’accepte comme un phénomène passager, aussi violente soit-elle. Elles représentent le refus de la réalité de ma vie et la manipulation de cette réalité.

Dans le corps :

Ma respiration est neutre par rapport à la tension du corps, peu importe où elle se situe.

Avec ma respiration, je ne soutiens pas mes tensions, je ne lutte pas contre, je leur montre de l’indifférence. C’est comme si j’enlève les piliers d’un pont, il s’écroule en milles morceaux. Mes manifestations physiques ne sont que des délires infantiles. Je prends la médecine pour ce qu’elle est, une maman qui accepte mon infantilisme et me soulage temporairement mais ne me guérit pas. C’est à moi de le faire par le lâcher prise intérieur, c’est-à-dire l’acceptation dans l’amour de tout mon vécu.

Tout est ce qu’il est et rien d’autre

Témoignages :

Bonjour André,

Je viens de vivre une expérience avec Christophe, qui parlait de moi dans son enfance avec tout ce que j’avais d’étouffant affectivement, et je ne ressentais aucune émotion, un corps inconfortable certes mais pas d’émotion et quelque chose en moi c’est mis à paniquer, avec un mental allant dans tous les sens (dois-je dire quelque chose ? faire quelque chose ?) et j’étais là, « seulement » là.

Cette expérience me montre à quel point je peux être attachée à mes émotions, comme si elles étaient la Vie.

Le fait de ne pas en avoir, a soulevé de la peur et beaucoup d’inconfort, pas celui de mon corps, celui de mon mental.

Comme si ne plus en ressentir, en particulier par rapport à mon fils étaient « mal ».

A cet instant, je ressens une grande joie et beaucoup de gratitude envers lui, envers mes parents et Sandrine, que je viens d’avoir au téléphone, qui me montre comment ACCUEILLIR simplement, sans mot (ou vraiment très peu) en étant là, présente à ses sensations (ça remue là-dedans, ça part dans tous les sens, c’est douloureux mais je suis simplement là et c’est bon).

J’ai vu que ce que je croyais fermé, était ouvert, les pieds bien au sol et présente à mes sensations, mes pensées, mes peurs. Sans attachement à l’émotion cette fois-ci. Mais avec un cœur reconnaissant, beaucoup d’amour et de JOIE, de la jouissance. Avec plus aucune demande ou attente. Accueil jouissif de Sandrine telle quelle est.

D’avoir ressenti l’accueil avec un grand A et combien un OUI peut-être jouissif et de voir simplement que je suis souvent loin de cet accueil là pour bien d’autres occasions, et d’accueillir aussi largement ça aussi.

Tendrement et de tout cœur.
Je t’embrasse, Sylvie.

Bonsoir Sylvie,
Il me semble que ton témoignage montre bien que l’acceptation est un lâcher prise et non pas un acte de volonté. A mon avis, ton corps ne va pas apprécier et il ne lâchera pas « le morceau » facilement. En tout cas, voilà une belle définition du mot accueillir.

Bien tendrement,
André.

Bonjour André,

OUI, mon corps ne lâche visiblement pas si facilement le morceau.

Je prie pour accueillir encore et encore, avoir ce lâcher-prise par rapport à mes douleurs corporelles car je vois là tous mes refus et ma croyance fondamentale que mon corps ne doit pas souffrir (en résumant me « fiche la paix »).

En chemin…

Tendrement, Sylvie.