Mai 2012

Mail mensuel n°40 – Mai 2012

Souffrir OUI

Dépasser mes limites NON


Mon Dieu, que cela est bien difficile à comprendre quand je vois autour de moi tous ceux qui s’égarent dans cette vérité.

Quand Swami Prajnanpad dit « Ne faites rien que vous n’éprouviez pas du plaisir à faire. » Cela ne veut pas dire « Ne faites rien qui vous fasse souffrir. » Il faut d’abord découvrir le plaisir de vivre sa vraie vie et le plaisir de grandir vers l’adulte serein, femme ou homme, dans le rôle que la vie nous demande à chaque instant, dans une responsabilité correspondante à l’épreuve divine qui nous est demandée et qui n’est pas un hasard, ni une punition, ni une injustice.

Tant que vous n’éprouvez pas du plaisir dans la souffrance (utile), c’est uniquement ce que vous devez rechercher, ne faites pas l’impasse de cela, sinon vous dépassez déjà vos limites. Mettez dix ans ou vingt ans pour y arriver mais ne renoncez jamais à cette étape. Cette étape que vous auriez du franchir avec l’aide de votre mère, en vous préparant dans son ventre pour être prêt à la vivre au moment de l’accouchement. Ce n’est pas du délire, observez bien les gens équilibrés (il y en a), vous verrez qu’ils ont obligatoirement franchis cette étape, et si leur corps est harmonieux c’est qu’ils l’ont franchis dès la naissance. La disharmonie du corps lors de la croissance est la preuve d’une naissance mal faite.

Des exemples du « souffrir OUI » :

Mon mari me trompe, ma femme me quitte, mon ado m’insulte, ma mère ne m’aime pas, mon enfant meure, je suis licencié, ma maison brûle, mon chien se fait écraser, mon père me fuit, etc., etc., etc.

C’est OUI à tout cela pour me permettre de vivre à fond la souffrance qui s’empare de mon corps. La colère, ou la fuite dans une dépendance, sont les preuves d’un refus de cette souffrance. Bien entendu, je dois me faire beaucoup de bien et prendre soin de moi pour pouvoir vire pleinement cette souffrance, sans chercher des coupables, ni des solutions miraculeuses pour échapper à cette souffrance.

Tout d’abord, il ne faut pas avoir peur d’être rejeté, abandonné, trahi ou quitté. C’est cela qu’il faut apprendre à aimer, non pas pour justifier les comportements des autres mais simplement pour cheminer vers son propre bonheur. C’est vrai que comprendre le fonctionnement intérieur des gens qui nous entourent, en voyant leurs souffrances et les impasses dans lesquelles ils se précipitent, nous aide profondément à accepter leurs comportements avec amour, bien que sans complaisance.

Des exemples du « dépasser mes limites NON » :

Je vais voir ma mère ou ma belle-mère tous les dimanches par obligation ou par tradition alors que je n’en ai pas vraiment envie. Je me laisse insulter par ma femme, ma mère ou mon mari sans rien dire et sans m’éloigner, j’accepte d’aider un « ami » alors que je vois qu’il abuse de moi, je travaille plus que mon corps ne le supporte par des fausses obligations que je m’impose par peur de manquer d’argent ou par peur d’être rejeté, je laisse diriger ma vie par mes enfants, mon patron, mon curé, ma religion, mes coutumes, sans vérifier que cela correspond à mon destin personnel, etc., etc., etc.

C’est toujours mon corps qui me donne mes limites du moment, sans avoir besoin de le justifier à qui que ce soit et surtout pas à moi-même. Je découvre toutes les justifications artificielles que je m’impose et que j’impose aux autres pour dépasser mes limites et demander aux autres de dépasser les leurs. C’est ce qu’on appelle le jeu du mental. Comme disait Jacques Prévert, « Le mental ment monumentalement. » C’est en acceptant complètement mes limites, en les respectant et en reconnaissant avec amour les limites de ceux qui m’entourent que je deviens agréable pour mon entourage et pour moi-même. Par la suite, et seulement par la suite, je peux essayer de dépasser cette limite, légèrement un cran au-dessus de ma limite actuelle, sans contraction énergétique dans mon corps, avec une tension certes, mais pas de crispation, avec une respiration ample et libre.

Il faut que l’esprit, le cœur et le corps soient d’accord. Même si le corps traîne pour accepter, il faut l’aimer tel quel, et non pas se couper de ses ressentis et de ses émotions.

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Témoignage :

Bonsoir S.,

Il y a une différence fondamentale entre un homme et une femme et il y a une différence profonde entre chaque homme et entre chaque femme. Toutes nos souffrances et nos désillusions viennent du refus d’accepter cette différence. Tout notre chemin c’est de prendre conscience de ces différences. L’illumination c’est la vision et le ressenti juste de toutes ces différences au niveau du sexe, au niveau psychologique, au niveau karmique, au niveau culturel et au niveau spirituel. C’est en voyant ce qui est commun à tous les êtres que l’on peut commencer à voir ce qui est différent dans chaque être.

Bonne méditation,
André.