Octobre 2012

Mail mensuel n°45 – Octobre 2012

L’or de l’incertitude

Cette maxime que j’ai découverte dans une vitrine d’une boutique consacrée à la Kabbale juive m’a beaucoup parlé. En effet, plus on avance dans nos découvertes aussi bien sur soi-même que sur les autres plus nos prises de conscience évoluent, se transforment, se contredisent pour arriver au grand « Je ne sais pas ! ». Au début, et même bien avancé dans ce chemin, cette phrase nous paraît inconcevable. Pourtant nos prises de conscience devenant de plus en plus subtiles, de plus en plus changeantes, il nous parait alors très important de lâcher prise et de ne plus conclure quoi que ce soit. C’est alors qu’un grand bonheur nous envahit, ce « Je ne sais pas ! » est d’une jouissance absolue, c’est le sourire de l’âme. Nous avons tous un destin unique et très précis mais ce n’est pas en cherchant à le comprendre à tout prix que la paix profonde nous remplit. C’est en le découvrant d’instant en instant, en le voyant se dérouler au fil des jours, des épreuves et des rencontres que la véritable joie de vivre prend tout son sens. Le scénario de notre vie nous est donné chaque jour. Mais nous avons l’entière responsabilité de nos choix, de prendre notre vrai rôle dans cette aventure humaine qui est la nôtre.

Pour cela nous devons partir de notre corps, de ses limites, de ses désirs, de ses peurs, c’est lui qui nous ramène sans cesse sur notre chemin personnel. Nous devons empêcher le mental de prendre le pouvoir car il s’appuie sur des obligations prises dans le passé. Nous devons apprendre à être libre de papa, maman, notre société, notre culture, notre religion, sans rien rejeter mais en apprenant le discernement, notre discernement, qui ne se partage avec personne. C’est apprendre à oser notre vie avec ses risques, ses désillusions, ses frustrations. Pour cela chaque expérience qui vient à notre esprit et qui est à notre portée doit être tentée pour vérifier sans cesse nos vraies limites, sans que cela nuise à notre famille ou à nous-mêmes. Mais attention, le mental est toujours là, prêt à nous envoyer des concepts, des croyances, des fausses vérités véhiculés par les autres et par notre passé.

Le piège le plus commun c’est de confondre la confiance en Soi avec la confiance au « moi ». C’est d’affirmer des désirs, des besoins ou des obligations que l’on croit nous appartenir, alors qu’il s’agit simplement de toute une construction mentale fabriquées très tôt dans notre enfance suite à des états émotionnels douloureux et refusés. La vie nous ramène sans cesse ces crises émotionnelles, non pas pour trouver des parades ou des fuites mais au contraire pour rentrer complètement dedans en respirant profondément, en buvant beaucoup d’eau, en se reposant suffisamment et en éliminant de notre vie petit à petit toutes nos activités parasites et nos addictions, à condition de les vivre à fond et en conscience.