Novembre 2012

Mail mensuel n°46 – Novembre 2012

Le doute et le souci

« Je ne suis pas sûr », « ce n’est peut-être pas certain », « j’ai un doute », c’est la seule façon d’avancer dans notre chemin. C’est la condition indispensable pour se préparer au lâcher prise mental. Comment voulez vous progresser dans votre conscience si vous bloquer des certitudes par rapport à vos observations ? Tout est mouvement, tout est éphémère, la conscience provient de connexions de plus en plus subtiles, de plus en plus sophistiquées dans notre cerveau. C’est une évolution physiologique aussi lente que la croissance de nos os ou celle d’un arbre. Il n’est pas possible de grandir en conscience plus vite que notre propre rythme neurologique, obligatoirement différent de celui des autres. Les psychotiques ont cette faculté de comprendre par flash des niveaux de conscience très avancés mais leur corps, avec ses émotions refoulées, aura besoin de beaucoup plus de temps pour l’intégrer dans leur vie de tous les jours. Le cerveau ne peut progresser qu’au rythme des émotions, des souffrances et des colères refoulées qui reviennent bien timidement à la surface, c’est-à-dire à la conscience du corps, du cœur et de l’esprit.

« Je doute » est bien différent de « Je me fais du souci ». Quand je me fais du souci pour moi ou pour les autres, je juge ou je me juge par rapport à des critères mentaux véhiculés par notre société, notre famille, notre religion ou par notre passé. Douter rend heureux, se faire du souci détruit notre bien-être. Je pense à cette phrase que j’ai entendue par la bouche du Dalaï-lama et qui m’accompagne chaque jour :

« Dans chaque situation, si vous avez une solution à votre portée, faites là mais pourquoi se faire du souci ? Et si vous n’avez pas de solution à votre portée, ne faites rien mais pourquoi se faire du souci ? ».

Le souci vient toujours de notre passé. Qui avons-nous eu envie de guérir, de changer, de remplacer ? Quelles sont nos faiblesses, nos handicaps, nos limites que nous avons refusées et que nous refusons toujours ? Il y a toujours un intérêt personnel derrière ces désirs, lequel ? Pourquoi ne pas s’accepter tel que nous sommes ? Chaque faiblesse, chaque limite, chaque handicap est un choix divin pour nous amener à un don personnel utile à notre destin, pourquoi les refuser ?