Décembre 2013

Mail mensuel n°59 – Décembre 2013


Je crois que je me vois,

alors que je me juge.

 

Tant que je me juge, je ne peux pas

me voir tel que je suis.

 

Que ce soit en bien ou en mal, sur moi ou sur autrui,

le jugement rend aveugle et sourd.

____________________________________________________________

Mon témoignage :

Je voudrais vous parler aujourd’hui de ma pratique personnelle, non pas pour vous dire qu’elle est la meilleure et qu’elle peut être copiée, mais pour vous aider à comprendre qu’un chemin n’est possible que dans un effort sérieux et discipliné. Et pourtant notre pratique n’a pour but que le lâcher prise mental, émotionnel et physique.

Par contre, nos efforts dans une pratique personnelle ne peuvent être que progressifs, sans se forcer, et après en avoir vérifié les conséquences dans notre vie quotidienne, même si cela est provisoire et sera abandonné plus tard quand le symbolisme sera épuisé. A la longue, certains objets ou certaines pratiques deviennent de simples reliques mais toujours présentes, sacrées, réconfortantes et remplies de tendresse.

Un jour, j’étais dans l’ashram d’Arnaud Desjardins, je faisais des travaux pendant le moment qui s’appelle « la seva ». Je démontais l’ancienne salle de bain d’Arnaud qui se transformait en bureau. J’ai été très étonné de voir affiché autour de la baignoire d’Arnaud une liste d’huiles essentielles avec une pancarte et une mixture différente pour chaque jour de la semaine. Cela m’a permis de comprendre la complexité d’un chemin spirituel et la différence entre chaque chemin. Sous l’apparente simplicité du comportement d’Arnaud au quotidien se cachait une pratique beaucoup plus sophistiquée.

Dans les religions, cette complexité de la pratique est évidente même si beaucoup de fidèles se perdent dans les actes symboliques et dont leur pratique ne s’intègre pas dans leur vie quotidienne.

Je vais essayé de vous parler de ma pratique personnelle en commençant par vous décrire tous ce qui me sert à cette pratique et qui se trouve dans ma chambre.

Au mur de ma chambre sont affichés des documents essentiels. Sur ma table de nuit se trouve le jeu des 24 cartes essentielles avec lequel je médite sur une carte par jour et que j’embrasse pour en souligner l’importance dans mon chemin. A côté se trouve le livre « A B C d’une sagesse » de Svâmi Prajnânpad dont je consulte religieusement une citation chaque jour, tirée au sort. Sur une commode se trouve une collection de cristaux dont la force énergétique aide à me ramener dans mon chemin, et aussi d’autres objets symboliques qui ont pris une importance évidente au cours de mon chemin. Dans un coin de ma chambre se trouve le portait d’Arnaud Desjardins devant un tapis de méditation avec un tabouret spécial méditation. Les couleurs de mes draps, mes taies d’oreiller et de ma couette contribuent aussi à ce que je dois vivre dans la nuit.

Ma pratique journalière est avant tout une distance en rapport à toutes les situations et les relations présentes au cours de la journée, en donnant les réponses et accomplissant les actes les plus justes en relation avec l’enseignement que j’ai reçu, que j’ai intégré et que je transmets. En plus de ma méditation permanente, je passe sous la douche le matin et le soir pour m’aider à harmoniser mes énergies corporelles et enlever tout ce qui a pu se déposer sur mon corps et qui me détourne de moi-même. Le soir, je fais une promenade dehors dans la nuit, ce qui est pour moi une méditation sous les étoiles et, dans le retour vers la maison, je pratique une marche énergétique, assouplissante et joyeuse inspirée de la Biodanza. Ensuite, je ne manque pas de faire une prière corporelle sous les étoiles juste avant de me coucher.

Voilà en gros ma pratique personnelle et qui évolue au cours des années. Cela ne m’empêche pas d’être souvent bouleversé émotionnellement au cours des multiples expériences de ma journée. Plus j’avance et plus je me rends compte de la distance qui me reste à parcourir vers le but ultime et qui reste mon objectif.

Je rencontre encore trop souvent des personnes qui croient avancés en ce contentant de lire des livres ou de rencontrer des maîtres. Je dois ajouter que mon chemin est passé par beaucoup de voyages à l’étranger, des rencontres avec une quinzaine de maîtres éveillés ou encore en chemin, des rituels spirituels au plus profond de temples en Inde, des bénédictions personnelles par des maîtres, une confrontation intime avec Arnaud Desjardins, etc.

Et pour conclure, je voudrais dire que tout cela a bien peu d’importance dans mon chemin, que l’important est la pratique de chaque instant dans ma vie quotidienne. Pourtant, si je n’avais pas eu mes expériences aventureuses, je n’aurais jamais compris ce qu’étais réellement un chemin intérieur, un chemin spirituel, c’est-à-dire un simple chemin vers soi-même.