Juin 2014

La honte d’exister

Est-ce que ce ne serait pas la maladie la plus grave qui existe ?

Dans mon chemin intérieur, j’ai mis de nombreuses années pour accepter et aimer mes frustrations à tous les niveaux, et aujourd’hui, je découvre dans mon corps des douleurs profondes qui cachent ma difficulté d’accepter les frustrations des autres. Maintenant que je ressens dans mon corps les peurs et les désirs des personnes que je rencontre, je ressens à quel point mon corps réagit à toutes les frustrations inévitables des êtres que je côtoie. Si je respecte mes limites et si je suis complètement en accord avec ce que je suis, inévitablement j’amène des frustrations autour de moi et ces frustrations provoque dans mon corps des tensions que mon mental essaie de comprendre autrement que par ma honte d’exister. La vraie compassion n’apporte pas de tensions dans le corps, elle amène à la paix et au bonheur d’exister, sans passer par le mental.

J’espère que mon corps entendra ce message jusqu’au plus profond de chacune de mes cellules. Et peut-être permettra-t-il chez certains une ouverture de conscience, sans chercher à s’identifier à mon histoire. Avec mes bénédictions pour votre chemin. André.

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Témoignages :

Bonjour Muriel,

Je te confirme que ton chemin est juste. Ce sont tes multiples épreuves qui t’ont permis de comprendre la vie et les autres. Ce seront tes multiples épreuves à venir qui t’emmèneront « tranquillement » vers ton destin. C’est dans ce « tranquillement » que se situe le chemin. Tout est là, vivre tranquillement, au moment présent, tout ce qui se déroule dans ta vie. En connaissant ta structure psychologique, rien ne m’étonne dans ce que tu vis. Cela ne veut pas dire que tu dois tourner en rond dans les mêmes schémas toute ta vie. Nos épreuves doivent nous permettre de voir de plus en plus clair et de grandir intérieurement. De voir à quel âge nous sommes bloqués dans notre croissance relationnelle et nous permette d’avancer un pas de plus vers l’adulte. Si nous tournons en rond, c’est parce que nous ne voulons pas retourner à ce point de blocage. Nous attendons de l’extérieur, de l’autre qu’il grandisse et nous emmène avec lui. Nous recherchons en fait un père ou une mère idéal que nous n’avons pas eu et que nous n’aurons jamais. C’est à nous de trouver à l’intérieur de notre psyché cette mère et ce père idéaux.

Je t’aime très fort,
André.

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Bonsoir Mathilde,
Ta question : « Comment faire pour respecter les besoins de mon être physique, tout en tenant mes engagements ? »

C’est évidemment du grand art. Ce qui m’a aidé dans cette voie, c’est la foi, le lâcher prise et en m’en remettant à Dieu quand aucune solution raisonnable ne me paraissait possible. Nous avons un être supérieur qui nous guide. Appelle cela comme tu veux, un ange gardien, un Atman ou la conscience subtile, cela n’a pas d’importance. Bien respecter ses limites est important mais être paralyser par ses émotions ou perdu dans ses repères n’est pas une limite.

Ce n’est pas un problème d’avoir besoin de dormir pendant trois jours, c’est que tes corps subtils en ont besoin.

« Quelques fois je maudis le fait d’avoir ouvert et lu ton livre qui m’a réveillée. » Il m’arrive aussi de temps en temps de regretter de trop voir clair sur moi ou sur les autres mais cela ne dure pas longtemps. Le monde des illusions a son charme mais ce n’est pas notre destin.

Douce pensées et bon courage,
André.

Bonsoir André,
merci beaucoup pour ta réponse claire et bien douce à mes « oreilles ».
(Certains de tes mots m’ont fait rire 🙂

J’entends bien ce que tu dis (écris). Mon Dieu intérieur est toujours là. Je n’ai qu’à faire silence et il me guide.
Ce qui est d’autant plus « amusant », c’est quand le mental fait remonter une tonne de croyances, pour m’empêcher de suivre mon Dieu intérieur !

Je t’embrasse.
Mathilde

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Bonsoir Thomas,

Ta question:« tu me disais qu’entre toi et Marie-Claude il y avait du respect. C’est quoi ce respect? Qu’appelles-tu le respect dans une relation intime? ».

C’est une question très importante. Le respect ne peut exister que si nous avons une frontière dans la relation à l’autre. Dans la fusion, c’est un jeu de soumission et de domination, ce n’est pas du respect. Respecter, c’est avant tout accepter notre différence. C’est accepter de souffrir face aux limites, aux délires, aux désirs ou aux non-désirs de l’autre. C’est quitter le jugement, les conseils ou les reproches pour voir clair dans la relation et perdre nos illusions petit à petit, ces illusions qui sont à l’origine de notre attirance l’un vers l’autre.

Je pense que l’intime est le domaine des plus grandes frustrations, des plus grandes désillusions. Que ce soit l’intime physique (tellement différent d’une femme et d’un homme, et aussi tellement différent d’un être à l’autre), l’intime affectif (ce sont des projections de nos frustrations d’enfant) et l’intime de l’esprit (le niveau de conscience est tellement variable d’un être à l’autre, d’un sexe à l’autre, d’une expérience de vie à l’autre, d’une famille à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une religion à l’autre, d’un âge à l’autre, etc., etc.)

Il n’y a que le respect qui peut nous unir durablement. Mais il faut d’abord vivre toutes nos illusions, tous nos désirs refoulés ou en attente, complètement, intensément, avant qu’ils tombent d’eux-mêmes comme des fruits mûrs.

Douce nuit,
André.