Décembre 2014

La congruence

En psychothérapie, congruence est le terme employé pour indiquer une correspondance exacte entre l’expérience et la prise de conscience.

La congruence est l’alignement entre ce que l’on est, ce que l’on fait, ce que l’on dit.

Prendre conscience de ce qui est juste et ce qui est non juste pour chacun d’entre nous est une étape méditative capitale, mais se transformer dans la profondeur de notre être pour se comporter vraiment comme la situation présente nous le demande est une autre affaire.

Seule la découverte de nos plus petites faiblesses, de nos blessures les plus profondes et celles de ceux qui nous entourent peut nous amener vers une véritable congruence naturelle et durable.

La congruence ne signifie pas dire tout et à n’importe qui. Nous sommes le seul juge de notre propre congruence, ce n’est pas aux autres de nous dire si nous sommes en accord avec ce que l’on est, ce que l’on ressent et ce que l’on pense.

Etre congruent à 100 % me parait un idéal impossible à atteindre, l’important c’est de progresser. Etre congruent à 80 % au moment de sa mort est une performance remarquable.

En psychothérapie, la congruence nous amène à être en accord avec notre ego et notre personnalité, un ego certes amélioré mais un ego quand même. La sagesse nous amène vers un état libre de l’ego et de notre personnalité, ce qui suppose des performances relationnelles moins reluisantes mais qui correspondent à notre propre handicap psychologique. C’est une congruence beaucoup plus subtile et qui ne s’appuie sur aucune morale et aucune religion.

Notre personnalité et notre ego doivent être nos esclaves, nous avons le droit de vie et de mort sur eux. Et non pas le contraire, la plupart du temps nous sommes l’esclave de notre personnalité et de notre ego. Etre congruent c’est être congruent avec notre âme, notre corps et nos limites.

Etre congruent, c’est aussi être congruent avec son corps, c’est connaître et respecter ses véritables limites, ses véritables besoins, ses véritables désirs. C’est se donner tout cela sans l’attendre des autres ou en relation avec les autres. C’est cela qui permet justement de mieux le recevoir des autres et de pouvoir donner véritablement à son tour.

Etre heureux et être congruent sont deux mots qui se marient très bien. C’est être heureux, ni au détriment des autres, ni au détriment de soi-même.