Avril 2015

Mail mensuel n°74 – Avril 2015

La respiration

« Je respire librement, mon souffle est profond et relâché. Est-ce que ma souffrance limite ma respiration ? Dans ce cas, c’est la respiration qui doit avoir toute la priorité, et j’accepte, en conséquence, le développement de ma souffrance, sans limiter ni sans forcer ma respiration. »

Ceci est une des 24 cartes essentielles et peut-être même la plus essentielle de toutes. Toutes les spiritualités asiatiques donnent une large part à la respiration et aux exercices nécessaires à la libération de cette respiration. Au début de mon chemin, je pratiquais un exercice, je devais inspirer en comptant jusqu’à 3, prendre un instant, inspiration pleine, relâcher l’air en comptant jusqu’à 4 et recommencer ainsi de suite. Plus tard j’ai compris qu’il s’agissait tout simplement de la respiration que l’on entend d’un enfant qui dort et dont la respiration naturelle se comporte avec le rythme ci-dessus. C’est cette respiration que nous devons ressentir à chaque seconde de la journée dans n’importe quelle situation émotionnelle ou conflictuelle. Ce qui est bien-sûr impossible au début du chemin. Cela n’est possible qu’en respectant nos limites physiques, même et surtout si elles sont très petites, et non pas en obéissant à nos peurs (de la solitude ou de la différence) et à nos désirs. Le piège c’est la comparaison, l’identification ou la fusion qui nous amènent à de fausses limites. Il faut adapter notre vie à nos limites physiques, émotionnelles et mentales sans pour cela fuir nos responsabilités. Nous revenons à l’essentiel, à notre essentiel, en abandonnant petit à petit nos faux « essentiels » appris ou copiés.

Autrement dit, c’est notre refus de la différence qui nous amène tout droit vers la culpabilité et la honte. Rien ne nous empêche de nous positionner, de poser des actes justes et même de quitter, mais sans explication car personne ne peut nous comprendre, c’est impossible. Nous devons juste respecter nos limites pour respirer librement la vie. L’autre est accepté et aimé dans sa différence.

C’est la présence à notre respiration et en même temps avec tout ce qui se passe de subtil en nous et autour de nous. Ce n’est pas de la concentration sur notre respiration, bien au contraire, c’est une ouverture de plus en plus grande à tous nos phénomènes physiologiques dans la relation au monde qui nous entoure. Nous devons passer de la présence crispée, dictée par la peur et le désir, qui contrôle la respiration, à la présence dictée par l’amour qui libère et détend la respiration. Nous apprenons aussi à séparer notre respiration du reste de nos manifestations physiques, c’est la découverte de ce qu’est notre liberté intérieure. Notre respiration libre, c’est la découverte du bonheur.

Ce que j’ai mis longtemps à comprendre, c’est qu’il ne s’agissait pas de remplir simplement ses poumons mais de remplir de ce souffle-énergie tout son corps, tous ses corps subtils (les 7 couches de l’aura) et aussi son cerveau. Cela représente l’air-énergie qui remplit tout notre corps bien au-delà de la peau et des os. Vous voyez que le simple remplissage des poumons est bien limité.

Cette liberté respiratoire va permettre à des sensations corporelles nouvelles de prendre leur place et c’est là que nous devons perdre l’illusion qu’il ne faut pas être perturbé émotionnellement dans la relation avec les autres ou avec nous-mêmes. Ces perturbations ne deviennent que jouissance physique, c’est à nous de modifier notre façon de les percevoir.