Juillet 2015

Mail mensuel n°78 – Juillet 2015

Témoignages :

Cher André,
Voici plusieurs jours que j’ai envie de t’écrire.
La Vie me montre de plus en plus combien exigence s’accompagne de tendresse, de douceur.
Elle me montre aussi que les graines semées fleurissent un jour avec plus ou moins de temps et tu en as semée en moi des graines.
La responsabilité de tout ce qui me traverse: les croyances, les jugements et les mille personnes en moi.
Quelle est cette exigence nouvelle dont tu parles André?
Je sens en même temps l’aube d’une plus grande liberté. Celle dont j’ai soif et peur aussi…
Très très tendrement. Sylvie.

Chère Sylvie,

Je sens que la vie me demande une vie de plus en plus ordinaire, cela ne veut pas dire simple, bien au contraire. Maintenant que je vois clair dans mon handicap psychologique, mental, – et physique aussi -, que je vois clair de la même façon sur tous mes proches, que j’accepte totalement cette situation, je découvre un nouveau potentiel de croissance relationnelle avec, en particulier, ma femme et mes enfants. Je sens que je peux sortir de l’adolescence où je me trouve pour vivre des relations plus adultes. La vie me demande d’oser des actes bien ordinaires, même un tantinet « bourgeois ». Malgré une avalanche d’émotions, nous avons fait, Marie-Claude et moi, une mini croisière de 4 jours en méditerranée qui nous a apporté un rapprochement physique bien agréable et nous allons partir 2 jours  dans un gîte de style thaïlandais avec massages et cuisine de ce pays en acceptant par avance l’agréable et le désagréable.

Nos enfants grandissent et ne manquent pas de nous procurer quelques angoisses par leur liberté nouvelle. Tout cela me fait comprendre que les grandes révolutions politiques ou spirituelles ne sont pas dans mon destin. Je laisse simplement des traces et la vie se charge d’en faire quelque chose, ou pas.

Avec amour et tendresse, André.

__________________________________________________________________

Bonjour André

Si je pars du principe que chacun est unique dans ce Grand tout qui est UN, je commence à entrevoir que l’autorité du modèle  que tu es pour moi est encore une projection.

Alors si je ne peux plus projeter sur toi, qu’est qu’il me reste? Il reste toi, moi, chacun dans son chemin de vie! Je crois qu’une part de moi veut encore te ressembler et te montrer que je suis un bon élève. Mais là tout de suite, le mot qui me vient c’est « inspiration »: tu m’inspires André !!

Une peur vient quand on descend le père de son piédestal ! Alors qu’est-ce qu’il reste ? Il reste l’amour, la gratitude pour la vie qui m’a donné de te rencontrer!

Je vais m’exercer à ne plus me comparer et à me laisser inspirer. En même temps ma vulnérabilité me fait dire que c’est osé de vouloir mettre le père à sa juste place!

Je t’aime André et je t’embrasse. Hervé.

Bonjour Hervé,

Que voilà tout cela bien juste ! Quelle belle étape tu es en train de franchir !

Je ne peux rien ajouter, seulement t’aimer encore plus fort, c’est à dire m’aimer moi aussi encore plus fort.

Plein de tendresse, André.