Octobre 2015

Mail mensuel n°81 – Octobre 2015

Témoignages :

Bonjour Mathilde,

Le « sang versé » de Jésus correspond à un message subtil nous montrant le chemin de notre libération intérieure. C’est toute la vie de Jésus qui peut nous inspirer pour nous apprendre à accepter les épreuves qui nous sont destinées, à nous-même et à personne d’autre. La passion du Christ, son chemin de croix avant la crucifixion, est la représentation symbolique de toutes les épreuves que la vie nous demande d’accepter et d’aimer, en reconnaissant qu’elles nous sont indispensables pour notre chemin intérieur.

Un jour, en suivant le chemin de croix dans le rocher de Rocamadour, j’ai compris en découvrant le dernier tableau que tout cela ne pouvait être accepté que pour une résurrection intérieure qui nous apporte la paix et le vrai sens de l’existence.

Les égarements font partie du chemin et, dans ce sens, ils ne sont plus des égarements, seulement des expériences.

Douceur et tendresse, André.

« comment faire co-exister structure et lâcher prise dans sa vie ? »

La vie est un équilibre de paradoxes. J’ai souvent comparé la vie au chemin d’un équilibriste sur un câble ou la recherche d’équilibre est permanente. J’ajoute que la structure est surtout à l’extérieur, dans nos relations avec le monde qui nous entoure et le lâcher prise est avant tout intérieur avec l’acceptation instantanée de ce qui compose notre vie personnelle.

Bien entendu la structure intérieure qui se construit normalement dans l’enfance est un processus subtil indépendant de notre volonté. Pour permettre à cette structure de se construire dans notre chemin, c’est bien voir ce qu’il serait souhaitable de vivre pour un fœtus, un bébé qui allaite, un jeune enfant qui joue avec son corps, un enfant qui apprend la relation aux autres, un adolescent qui prend des risques et un adulte qui s’engage pour créer un foyer et une famille. Tout peut se réparer à condition d’en payer le prix.

« As-tu eu des moments comme cela ? Quelle est ton expérience de cela ? »

Oui, mais petit à petit j’ai compris plus vite la réalité de ma vie car les expériences apportent leur lot d’émotions et de souffrances qui permettent de voir que l’on s’égare.

« Est-il possible de trouver le juste milieu sans passer par les extrêmes ? »

Surement, mais les borderline comme toi sont parfois bien têtu.

En tous cas, Mathilde, il faut se sécuriser avec une pratique sincère, un engagement permanent avec une voie que l’on sent juste pour soi. Je rencontre avec tristesse combien de personnes croient faire un chemin en abandonnant de nombreux aspects de la pratique comme la méditation, la respiration profonde, le lâcher prise, la responsabilité de ses actes, le respect de ses limites et de celles des autres, l’amour de la frustration et de la souffrance, l’acceptation de la peur, la confiance en ses intuitions libre du conseil des autres, le non refus des épreuves, le discernement personnel à chacun, l’amour sensuel de son corps, la prise de conscience de la différence entre le mental et la conscience, le contact énergétique avec la terre, la différenciation et l’unicité de chaque personne, l’ouverture du cœur sans prendre en charge, la conscience de l’instant présent et le besoin de distance variable dans chaque relation.

Merci d’exister, avec tendresse, André.